Kivelin et sa collection


Souvenez-vous… Les Kiki, ces petits singes en peluche, ont débarqué en France en 1978. Depuis l’âge de 20 ans, Kivelin Crauste les collectionne et entre en contact avec ceux qui les ont tant aimés dans leur enfance ! Souvenez-vous… Les Kiki, ces petits singes en peluche, ont débarqué en France en 1978. Depuis l’âge de 20 ans, Kivelin Crauste les collectionne et entre en contact avec ceux qui les ont tant aimés dans leur enfance !
« C’est l’animal le plus tendre et le plus affectueux du monde ! Né au Japon en 1974, le Monchhichi, un singe marron à la tête toute ronde et dure, a débarqué en France quatre ans plus tard sous le nom de “Kiki”.

Tout le monde en avait un à l’époque. Dans les années 70, c’était l’un des deux jouets phare avec le Rubik’s Cube. Petit, je n’en ai hélas jamais eu. Mais je me suis bien rattrapé depuis…

« Quand je me promène dans la rue, j’en ai toujours un sur moi. »

Un jour de décembre 2005, à 20 ans, je faisais mes courses de Noël dans un grand supermarché et, comme d’habitude, j’allais traîner au rayon des jouets qui m’ont toujours fasciné. Je suis tombé nez à nez avec un Monchhichi, qui avait des tenues de karaté et de jogging.

J’ai tout de suite craqué. Je me suis acheté le coffret, que je n’ai d’ailleurs jamais ouvert. Je l’ai entreposé dans ma vitrine, où il trône depuis onze ans. Peut-être est-ce à ce moment précis qu’est née mon âme de collectionneur invétéré. Rien que le fait de savoir que j’avais un Monchhichi à moi à la maison me rendait heureux.

Il n’y a pas d’âge pour en avoir. Quand je me promène dans la rue, j’en ai toujours un sur moi. Je fais des photos, poste des vidéos avec lui. Et ça permet de créer du lien avec les passants qui s’arrêtent et me demandent de leur raconter son histoire.

Je les encourage ensuite à venir me rejoindre sur le groupe Facebook “Monchhichi World” où l’on peut se connecter avec 7 800 fans. Au total, j’ai 340 Monchhichi à la maison, tous différents. Mais comme il sort environ 600 nouveaux modèles par an, il est impossible de les avoir tous !

« Mon rêve serait de rencontrer leur créateur, Koichi Sekiguchi, qui vit au Japon. »
Les plus beaux, les plus exclusifs, les plus rares sont exposés dans mes vitrines au sein d’une pièce spécialement dédiée.

Ces peluches m’offrent du réconfort. Quand j’en parle, quand je suis sur ma page Facebook qui leur est dédiée, je ne pense plus à rien. J’ai le cerveau qui se vide. Je redeviens un gamin et je suis bien. Je les caresse, et ils me rassurent. Le fait de toucher un Monchhichi m’est si agréable que j’en oublie le temps qui passe.

Car le fait de vieillir m’angoisse, même si je n’ai que 31 ans. Et comme je travaille depuis longtemps dans une maison de retraite, je vois trop souvent des pensionnaires qui meurent. Cela me fait peur, et seuls les Monchhichi parviennent à m’apaiser. Ma collection n’est pas encombrante, car tout est bien agencé, bien rangé. Je médite en la regardant. Ça me requinque. Ce n’est que du bonheur. Et lorsque j’invite des amis à dîner, ils viennent l’admirer et ont l’impression de passer un bon moment dans un fantastique magasin de jouets.

« Depuis le début, il s’en est tout de même vendu plus de 70 millions d’exemplaires dans le monde. »
Chacun coûte entre 20 € et 180 €, suivant la taille du modèle. Je leur donne un prénom lorsqu’ils n’en ont pas : il y a “Petit Fou”, “Mangatine”, avec ses tresses violettes, “Michael Jackson”… Je les baptise selon mes humeurs.

Mon rêve serait de rencontrer leur créateur, Koichi Sekiguchi, qui vit au Japon. Je voudrais le remercier d’avoir eu cette fabuleuse idée de créer cette peluche magique, à l’origine fabriquée en Celluloïd. Depuis le début, il s’en est tout de même vendu plus de 70 millions d’exemplaires dans le monde. Je rêve aussi de pouvoir prêter ma voix aux Monchhichi qui vont bientôt débarquer sur TF1, dans les 52 épisodes de onze minutes d’un dessin animé.

En attendant, le directeur de la maison de retraite dans laquelle je travaille m’a proposé d’organiser une expo de Monchhichi. Je veux bien partager ma passion avec les résidents qui – confidence pour confidence – me surnomment tous Kiki… »

Alicia Comet pour France Dimanche