Vous avez la parole – France Dimanche – n°3775


Article du 10/01/2019 dans la rubrique « Vous avez la parole »

A 33 ans, il travaille dans une maison de retraite en tant qu’aide médico-psychologique. Emballé par ces singes en peluche qu’il collectionne, il tente à présent d’en faire profiter les plus petits.

« Bien entendu, je suis toujours aussi passionné par ces petites peluches mythiques qui sont arrivées en France en 1978 et dont je fais la collection depuis des années (voir FD n°3658 d’octobre 2016). Encore hier, j’ai acheté de nouvelles figurines et quelques accessoires.

Dorénavant, je limite pourtant mes achats. J’ai déjà 340 exemplaires différents et, avec les accessoires, ma collection dépasse les 1000 pièces. Je dois être le plus grand collectionneur de France de Monchhichi !

En décembre 2015, j’ai eu l’idée de créer l’association Un ami pour la Vie qui a pour objectf de récolter des fonds afin d’offrir aux enfants malades des hôpitaux ces petites peluches si réconfortantes.
Je le constate chaque jour dans la rue : dès que quelqu’un voit un Monchhichi, cela interpelle. Cette peluche désarmante de sympathie, toujours très positive, incarne les valuers telles que le respect, l’amour et l’amitié. Et lorsqu’on voit un enfant malade le prendre dans ses bras, c’est un sourire aux lèvres assuré !

Ateliers

Comme je travaille dans un Ehpad, j’ai proposé au directeur d’organiser des ateliers réguliers au cours desquels les résidentes confectionnent des petits objets (boîtes à bijoux, à mouchoirs, sapin en plâtre…) qu’elles revendent ensuite sur des marchés de Noël locaux et qui servent à récolter des fonds pour notre association. Une peluche Monchhichi coûte 20€ en moyenne. C’est peu finalement par rapport au bonheur que cela procure aux garçons et filles hospitalisés.

Dans notre maison de retraite, deux femmes sont devenues marraines de l’association : il s’agit de Thérèse, 83 ans, et Jeanne, 94 ans. Il faut voir comme elles se démènent pour nous ! Elles sont toutes les deux particulièrement investies. Lorsqu’on les emmène rendre visite aux enfants malades, c’est une journée de gagnée sur la routine, le quotidien… C’est simple, l’association est devenue leur moteur de vie. Nous avons déjà eu la chance de pouvoir aller dans trois hôpitaux de la région : à Orléans, Chartres et Blois, où nous sommes accueillis dans les services de pédiatrie.

Pas facile toutefois de rentrer dans l’enceinte des hôpitaux! Il faut des autorisations, mobiliser les bonnes volontés, avoir de l’énergie à revendre et toujours montrer patte blanche…

Sourire

Quand j’ai offert cette peluche à Paul au CHU d’Orléans, il fallait voir sa tête. Il nous tendait les bras, souriait en permanence. Cette petite boule de poils est certainement devenue pour lui un ami pour la vie ! Je rêve aujourd’hui de voir notre association décoller, pour que nous puissions nous rendre dans d’autres hôpitaux de l’Hexagone. J’aurais envie qu’on aie les moyens de se déployer partout, pour juste donner un sourire à un enfant… »

Recueilli par Alicia COMET